Hier en feuilletant mon ancien agenda (mon livre bleu) j'ai découvert des textes éparpillés sur des feuilles détachées que je me suis difficilement rappelée avoir écrit, malgré ma reconnaissance évidente des traits de mon écriture. Ces textes furent pour la plus part des poèmes. J'ai déchiré ces poèmes ; ces poèmes que je n'ai jamais pu publier, ces poèmes que je n'ai jamais pu relire. Mais cette fois, je les ai relu et pour la dernière fois parce que maintenant j'en ai la force. Des pages et des pages inutiles que je n'hésiterai pas à mettre au fond de la corbeille dès que j'aurais fini de vous écrire ceci.
Non je ne m'en suis pas débarrassée par désespoir. Mais plutôt dans l'espoir d'en rédiger de meilleurs, pour ne pas leur laisser une chance de m'affliger en un moment de faiblesse.
Il est 03 :33 du matin je ne trouve plus d'inspiration. Ça fait un bon moment que je me suis arrêté d'écrire, alors je traine le crayon en ces phrases en espérant qu'il se mette à écrire tout seul...
(5min après) en parlant d'inspiration, je ne la rencontre qu'occasionnellement ses derniers temps. Alors je pense à ses gens qui font de l'écriture un métier, un gagne pain, ou qui désirent que se soit le cas : et si jamais ils ne savaient plus écrire. Et si jamais ils n'avaient plus d'inspiration. Et si jamais les critiques étaient trop sévères à leur égard. Et si jamais ils ne trouvaient pas de maison d'édition qui accepte leurs écrits. Et si jamais le livre ne trouvait pas son chemin vers le lecteur. Que feraient-ils devant des factures qui s'empilent quand l'inflation n'épargne personne ?
Mais surtout et d'un autre coté, l'écriture n'a pas de prix, l'art n'a pas de prix. Quelle somme est assez suffisante pour monnayer le travail d'un artiste. Combien de sentiments nous ont-ils transmis. Combien de leçons avons nous tiré d'eux. Combien de sourires ont-ils dessiné sur nos lèvres. Combien de cultures avons nous découvert grâce à eux et de combien d'imagination nous ont-ils doté ! Alors si nous mettions ceci sur une balance croyez vous qu'il apparaitrait il chiffre. Surement pas. Donc ce prix en échange duquel nous obtenons un livre n'est peut-être que celui du papier, de l'encre, de l'imprimante, de l'électricité qu'elle a consommée en tournant, du salaire de l'ouvrier qui la met en marche et l' éteint et de l'ampoule qui l'éclaire.
Ceci dit aucun remboursement rendu à un artiste ne peut valoir son ½uvre. Il n'y a qu'une reconnaissance orale ou écrite de son excellent travaille accompagné d'un applaudissement qui puisse l'encourager à produire encore et encore.